# Assurance-vie en euros ou en unités de compte : que choisir ?

L’assurance-vie demeure le placement préféré des Français, avec près de 1 923 milliards d’euros d’encours en 2023. Pourtant, face à la diversité des supports proposés, nombreux sont les épargnants qui hésitent entre fonds en euros et unités de compte. Cette décision structurante conditionne directement le potentiel de rendement de votre contrat, mais aussi le niveau de risque auquel vous exposez votre capital. Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et des taux d’intérêt qui demeurent attractifs, comprendre les mécanismes de chaque support devient indispensable pour optimiser votre stratégie patrimoniale. Le choix entre sécurité et performance n’est pas forcément binaire : une allocation mixte, adaptée à votre profil et à vos objectifs, peut représenter la solution la plus pertinente pour faire fructifier votre épargne tout en maîtrisant votre exposition aux fluctuations des marchés financiers.

Fonctionnement du fonds en euros : capital garanti et rendement sécurisé

Le fonds en euros constitue la pierre angulaire des contrats d’assurance-vie multisupports. Ce support sécurisé attire particulièrement les épargnants recherchant la stabilité et la préservation de leur capital. Contrairement aux placements boursiers, le fonds en euros offre une protection totale du montant investi, indépendamment des turbulences économiques ou des crises financières. Cette caractéristique en fait un refuge apprécié, notamment pour les profils prudents ou pour les projets nécessitant une disponibilité rapide des fonds.

Mécanisme de la garantie en capital par l’assureur

La garantie du capital repose sur un engagement contractuel de l’assureur. Celui-ci s’oblige à restituer l’intégralité des sommes versées, majorées des intérêts annuellement capitalisés. Cette protection s’exerce à tout moment, que vous souhaitiez effectuer un rachat partiel ou total. Juridiquement, l’assureur supporte seul le risque de dépréciation des actifs composant le fonds euros. Si les marchés obligataires connaissent une phase difficile, c’est l’établissement qui absorbe les pertes potentielles, jamais l’épargnant. Cette sécurité juridique représente un avantage considérable, particulièrement dans un environnement économique volatile où les placements traditionnels peuvent subir des corrections parfois brutales.

Composition du fonds en euros : obligations d’état et titres de créances

Les fonds en euros investissent massivement dans des obligations, généralement à hauteur de 75 à 85% de leur portefeuille. Ces titres de créance, émis principalement par des États européens (France, Allemagne, Pays-Bas) ou par de grandes entreprises notées Investment Grade, procurent des revenus réguliers sous forme de coupons. La stratégie d’investissement privilégie la qualité de crédit plutôt que le rendement maximal, ce qui explique la stabilité du support. Certains fonds euros intègrent également une poche immobilière (10 à 15%) via des actifs en direct ou des parts de SCPI, ainsi qu’une exposition actions limitée (5 à 10%) pour dynamiser modérément la performance. Cette diversification maîtrisée permet d’améliorer le rendement global sans compromettre la garantie en capital, l’assureur disposant de réserves suffisantes pour absorber les éventuelles moins-values sur ces compartiments plus risq

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Enfin, la plupart des assureurs utilisent des mécanismes de lissage et de provisions pour participation aux bénéfices (PPB). Concrètement, une partie des gains réalisés les bonnes années est mise en réserve, puis redistribuée ultérieurement pour maintenir un rendement stable lorsque les marchés sont moins porteurs. Ce coussin de sécurité renforce la capacité du fonds en euros à délivrer une performance régulière, sans remettre en cause la promesse de capital garanti pour l’épargnant.

Effet cliquet et consolidation annuelle des gains

L’un des atouts majeurs du fonds en euros réside dans l’effet cliquet. Chaque année, les intérêts versés par l’assureur sont définitivement acquis : ils viennent s’ajouter au capital et bénéficient à leur tour de la garantie. Même en cas de baisse des marchés l’année suivante, le niveau de valeur atteint ne peut pas être remis en cause. C’est un peu comme monter un escalier : vous pouvez parfois marquer une pause, mais vous ne redescendez jamais les marches déjà gravies.

Techniquement, le taux servi chaque année est net de frais de gestion mais brut de prélèvements sociaux. Une fois ce taux appliqué, la nouvelle valeur du contrat devient votre nouveau « plancher » garanti. Cette mécanique d’intérêts composés permet, sur plusieurs années, de faire croître votre épargne de manière progressive, même avec des taux de rendement relativement modestes. Pour un épargnant avers au risque, c’est un compromis rassurant entre liquidité, lisibilité et visibilité à moyen terme.

L’effet cliquet explique aussi pourquoi les fonds en euros supportent mal les périodes prolongées de taux très bas : les assureurs doivent continuer à honorer des engagements passés tout en investissant de nouveaux flux sur des obligations moins rémunératrices. D’où une vigilance accrue sur la trajectoire de rendement dans le temps et sur la solidité financière de l’assureur qui porte ce support.

Taux de rendement moyen des fonds euros en 2024

Après deux décennies de baisse quasi ininterrompue, le rendement moyen des fonds en euros a amorcé un rebond avec la remontée des taux d’intérêt. Selon les estimations disponibles pour 2024, le taux moyen servi sur les fonds en euros « classiques » se situe autour de 2,60 % à 3 % brut, contre environ 2,50 % en 2023. Certains contrats haut de gamme ou distribués en ligne (surcourtiers, fintechs) dépassent même les 3,2 % voire 3,5 %, notamment lorsqu’ils conditionnent ce taux bonifié à une part minimale d’unités de compte.

Faut-il pour autant se contenter du fonds en euros pour son assurance-vie ? Pas nécessairement. Même si ces rendements redeviennent compétitifs face à certains livrets réglementés, ils restent souvent inférieurs à l’inflation moyenne, ce qui entraîne une érosion progressive du pouvoir d’achat sur le long terme. Le fonds en euros demeure donc un excellent socle de sécurité, mais il montre ses limites dès lors que l’on vise une réelle valorisation de son capital sur 10, 15 ou 20 ans.

Dans la pratique, de nombreux assureurs segmentent désormais leur offre avec des fonds euros classiques, des fonds euros immobiliers ou des fonds euros dynamiques, dont la composition davantage tournée vers l’immobilier ou les actions peut permettre de gagner quelques dixièmes de points de rendement. En contrepartie, l’accès à ces supports est souvent conditionné à une part significative d’unités de compte, ce qui renforce l’intérêt d’une approche globale de l’allocation au sein de votre contrat.

Unités de compte : exposition aux marchés financiers et immobiliers

Les unités de compte (UC) constituent l’autre grande famille de supports de l’assurance-vie. Contrairement au fonds en euros, elles ne garantissent pas le capital : la valeur de votre investissement évolue au gré des marchés financiers et immobiliers. En contrepartie, elles offrent un potentiel de rendement bien supérieur sur le long terme, à condition d’accepter une volatilité parfois marquée à court terme. C’est un peu l’équivalent d’un moteur turbo sous le capot de votre assurance-vie : plus puissant, mais aussi plus sensible aux conditions de route.

Concrètement, investir en unités de compte revient à détenir des parts de fonds (OPCVM, ETF), de véhicules immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) ou encore de fonds obligataires et monétaires. L’assureur ne vous garantit pas la valeur de ces parts, seulement leur nombre. Votre stratégie consiste donc à choisir (ou faire choisir) des supports adaptés à votre profil de risque, à votre horizon de placement et à vos objectifs (retraite, transmission, complément de revenus, etc.).

OPCVM actions : MSCI world, S&P 500 et CAC 40

Les OPCVM actions (SICAV et FCP) sont parmi les supports en unités de compte les plus utilisés pour dynamiser un contrat d’assurance-vie. Ils permettent d’investir de manière mutualisée sur de grands indices boursiers comme le MSCI World, le S&P 500 ou le CAC 40, gérés par des sociétés de gestion professionnelles. Sur longue période, les marchés actions mondiaux ont délivré des rendements annualisés proches de 7 à 9 % nets d’inflation, largement supérieurs aux placements garantis.

Un fonds actions MSCI World vous expose à plusieurs milliers de sociétés dans les pays développés (États-Unis, Europe, Japon…), offrant une diversification sectorielle et géographique très large. Un fonds S&P 500 se concentre sur les grandes capitalisations américaines, souvent leaders mondiales dans la technologie, la santé ou la consommation. Un fonds CAC 40 reste, lui, focalisé sur les grandes entreprises françaises, plus sensible aux spécificités économiques hexagonales et européennes.

Avant d’investir sur ces OPCVM actions dans votre assurance-vie, il est essentiel d’identifier votre tolérance au risque : supporteriez-vous une baisse temporaire de 20 % de la valeur de votre contrat sans paniquer ? Si la réponse est non, il convient de limiter la part de ces UC ou de les combiner avec des supports plus défensifs (obligataires, monétaires, immobiliers). N’oubliez pas non plus de regarder les frais de gestion du fonds, qui peuvent rogner significativement la performance à long terme, surtout pour les gestions très actives.

SCPI et supports immobiliers : corum origin et pierval santé

Pour ceux qui souhaitent profiter du potentiel de l’immobilier sans gérer directement un bien locatif, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) et autres supports immobiliers en unités de compte représentent une alternative intéressante. Via votre assurance-vie, vous pouvez ainsi accéder à des SCPI de référence comme Corum Origin ou Pierval Santé, chacune avec une stratégie spécifique. Corum Origin est une SCPI diversifiée, investie dans des bureaux, commerces et locaux d’activité en France et en Europe, avec un objectif de rendement distribué attractif. Pierval Santé, de son côté, se spécialise dans l’immobilier de santé (cliniques, Ehpad, centres médicaux), un secteur porté par des tendances démographiques de long terme.

Historiquement, les SCPI ont délivré des taux de distribution souvent compris entre 4 et 6 % bruts par an, même si les dernières années ont été marquées par des ajustements de valeurs en raison de la remontée des taux et du ralentissement de certaines classes d’actifs immobiliers. Investir via l’assurance-vie présente plusieurs avantages : fiscalité potentiellement plus douce qu’en détention directe, absence de gestion locative à assumer, et possibilité d’arbitrer plus facilement entre supports si votre stratégie évolue.

Attention toutefois : les SCPI et supports immobiliers en unités de compte ne sont pas dénués de risques. La valeur des parts peut être révisée à la baisse, les revenus locatifs peuvent fluctuer, et la liquidité peut être moins immédiate qu’un OPCVM actions ou obligataire. Il est donc prudent de considérer ces supports dans une optique de long terme (8 à 10 ans et plus) et de ne pas y concentrer une part excessive de votre patrimoine, même si la tentation du rendement élevé peut sembler attractive.

ETF et trackers : amundi MSCI world et lyxor PEA nasdaq-100

Les ETF (ou trackers) se sont imposés ces dernières années comme des supports incontournables en unités de compte, notamment grâce à leurs frais très réduits et à leur transparence. Contrairement aux fonds gérés activement, un ETF se contente de répliquer un indice (MSCI World, Nasdaq-100, CAC 40, etc.) de manière mécanique, sans chercher à le surperformer. Résultat : des frais annuels souvent inférieurs à 0,30 %, contre 1,5 à 2 % pour certains OPCVM traditionnels, ce qui fait une énorme différence sur 15 ou 20 ans.

Dans une assurance-vie, on retrouve fréquemment des ETF comme Amundi MSCI World, qui reproduit la performance de l’indice MSCI World avec une large diversification internationale, ou Lyxor PEA Nasdaq-100, exposé aux grandes valeurs technologiques américaines (Apple, Microsoft, Nvidia, etc.). Ces produits permettent de construire, avec quelques lignes seulement, un portefeuille actions mondial très efficace, adapté aux profils dynamiques ou équilibrés à horizon long terme.

Choisir des ETF en unités de compte dans votre contrat revient un peu à opter pour un « panier » standardisé d’actions, plutôt que de tenter de sélectionner individuellement les meilleures valeurs. Pour beaucoup d’épargnants, c’est un choix rationnel : il est statistiquement très difficile de battre durablement les grands indices, surtout une fois les frais déduits. Là encore, la clé reste la cohérence avec votre profil de risque et votre horizon de placement : un ETF Nasdaq-100 sera plus volatil qu’un ETF World diversifié, et doit être utilisé en connaissance de cause.

Fonds obligataires et monétaires en unités de compte

Toutes les unités de compte ne sont pas nécessairement « risquées » au sens où on l’entend pour les actions. Il existe également de nombreux fonds obligataires et fonds monétaires accessibles en UC, qui visent un couple rendement/risque plus modéré. Les fonds obligataires investissent dans des dettes d’États ou d’entreprises, avec des profils plus ou moins offensifs selon la notation de crédit (Investment Grade, High Yield) et la durée des emprunts. Ils peuvent constituer une brique intéressante pour réduire la volatilité globale d’un contrat tout en espérant un rendement supérieur au fonds en euros sur un cycle de taux favorable.

Les fonds monétaires, quant à eux, investissent sur des instruments de très court terme (bons du Trésor, billets de trésorerie, dépôts bancaires). Leur objectif est de préserver au mieux le capital tout en offrant une rémunération modeste, souvent corrélée aux taux directeurs de la Banque centrale. Ils peuvent être utiles comme support de transition lors d’arbitrages, ou pour stationner temporairement une partie de votre épargne dans l’attente d’une opportunité d’investissement plus long terme.

En agrégeant intelligemment ces différentes familles d’unités de compte (actions, immobilier, obligations, monétaire), vous pouvez bâtir une stratégie d’allocation proche d’un véritable plan de gestion de patrimoine. L’enjeu, là encore, est d’ajuster la part de chaque brique en fonction de votre tolérance au risque, de votre horizon de placement et de vos objectifs concrets.

Profil de risque et horizon de placement selon votre situation patrimoniale

Choisir entre fonds en euros et unités de compte ne se résume pas à une simple comparaison de rendements. La décision doit avant tout refléter votre situation personnelle : âge, stabilité des revenus, niveau de patrimoine, projets de vie, mais aussi votre rapport psychologique au risque. Autrement dit, le « bon » contrat d’assurance-vie n’est pas celui qui affiche la meilleure performance brute, mais celui dont l’allocation est supportable pour vous, même en période de turbulences de marché.

Deux variables sont centrales : votre profil de risque (prudent, équilibré, dynamique) et votre horizon de placement. Plus ce dernier est long, plus vous pouvez accepter une part importante d’unités de compte, car vous laissez le temps aux marchés de corriger leurs excès à la hausse comme à la baisse. À l’inverse, à l’approche d’un projet important (achat immobilier, départ en retraite, études des enfants), il est souvent raisonnable de sécuriser progressivement une partie des gains en basculant vers le fonds en euros.

Allocation patrimoniale pour profil prudent : 80% fonds euros

Un profil prudent se caractérise par une aversion forte au risque de perte en capital, même temporaire. Il s’agit souvent d’épargnants proches ou à la retraite, de personnes dont la capacité d’épargne future est limitée, ou tout simplement de profils pour qui la sérénité compte davantage que la recherche de performance maximale. Pour ces investisseurs, une allocation typique pourrait prendre la forme suivante : 80 % en fonds en euros et 20 % en unités de compte diversifiées et relativement défensives.

Concrètement, ces 20 % d’UC peuvent être répartis entre des fonds obligataires de qualité, des supports immobiliers modérément risqués (SCI diversifiées, SCPI de grande taille) et éventuellement une petite poche d’ETF actions mondiaux très diversifiés. L’objectif n’est pas de transformer le contrat en fusée de performance, mais de booster légèrement le rendement global pour tenter de rester au niveau, voire légèrement au-dessus, de l’inflation sur le long terme.

Une telle allocation peut par exemple convenir à un couple de 60 ans qui commence à préparer sa retraite et dispose déjà d’une épargne de précaution en dehors de l’assurance-vie. Le fonds en euros leur apporte la sécurité et la liquidité nécessaires, tandis que la poche d’unités de compte permet de participer, même modestement, à la croissance des marchés financiers et immobiliers sans mettre en péril le capital global.

Stratégie équilibrée : répartition 50/50 euros et UC diversifiées

Le profil équilibré accepte une volatilité modérée en échange d’un potentiel de rendement supérieur. Il convient souvent aux épargnants d’âge intermédiaire (35-55 ans) avec une situation professionnelle stable, une capacité d’épargne régulière et un horizon de placement d’au moins 8 à 10 ans. Pour ce type de profil, une répartition 50 % fonds en euros / 50 % unités de compte constitue une base de travail pertinente.

Dans cette configuration, la partie en fonds euros joue le rôle de filet de sécurité : elle amortit les à-coups des marchés et vous permet de dormir tranquille, même en cas de correction boursière. La partie en UC, quant à elle, peut être largement diversifiée : ETF actions mondiales (MSCI World, S&P 500), fonds obligataires, SCPI ou SCI, voire une petite poche thématique (transition énergétique, santé, technologie) pour ceux qui souhaitent donner du sens à leur épargne.

Un exemple concret : un investisseur de 45 ans, qui souhaite se constituer un complément de revenus pour la retraite dans 20 ans, pourra allouer 50 % sur un bon fonds en euros, 30 % sur des ETF actions mondiales, 10 % sur des SCPI via son contrat et 10 % sur des fonds obligataires. Cette stratégie, revue et ajustée régulièrement, offre un bon compromis entre sécurité et performance, avec un risque global maîtrisé à l’échelle de son horizon de placement.

Profil dynamique : exposition majoritaire aux actions internationales

Le profil dynamique s’adresse aux épargnants prêts à accepter des fluctuations importantes de la valeur de leur contrat, notamment à court terme, en échange d’un potentiel de valorisation nettement plus élevé sur le long terme. Il s’agit souvent de personnes jeunes (moins de 40 ans), avec un horizon de placement lointain (retraite à 20-25 ans), ou de contribuables aisés pour qui l’assurance-vie ne représente qu’une partie de leur patrimoine global.

Pour ce type de profil, une allocation comportant 70 à 90 % d’unités de compte n’a rien d’exceptionnel. La brique principale sera généralement constituée d’ETF actions internationales (MSCI World, S&P 500, marchés émergents), éventuellement complétés par quelques fonds thématiques ou sectoriels (climat, santé, technologie) et une dose raisonnable d’immobilier papier (SCPI, SCI). Le solde, soit 10 à 30 %, pourra rester investi sur le fonds en euros pour disposer d’une poche de sécurité et d’une réserve de liquidités mobilisable en cas d’opportunité.

Imaginez un salarié de 30 ans qui verse 300 € par mois sur son assurance-vie avec pour objectif principal sa retraite. Il peut raisonnablement supporter plusieurs cycles boursiers haussiers et baissiers. Pour lui, rester cantonné au fonds en euros reviendrait à rouler toute sa vie en première. En optant pour une exposition majoritaire aux actions internationales via des ETF, il se donne les moyens de profiter de la croissance mondiale, tout en bénéficiant du cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie à long terme.

Fiscalité de l’assurance-vie : prélèvements sociaux et abattements après 8 ans

Au-delà du choix entre fonds en euros et unités de compte, la fiscalité de l’assurance-vie constitue un argument décisif en sa faveur. Contrairement à un compte-titres, vous n’êtes imposé que lorsque vous retirez de l’argent (rachats partiels ou totaux), et non chaque année sur les gains latents. Ce mécanisme de capitalisation « à l’abri de l’impôt » permet de maximiser l’effet des intérêts composés, surtout si vous investissez tôt et de manière régulière.

Depuis la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) en 2018, les gains retirés d’un contrat d’assurance-vie de moins de 8 ans sont, sauf option pour le barème, taxés à 12,8 % d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total. Après 8 ans, la fiscalité devient nettement plus douce : les produits sont taxés à 7,5 % pour la fraction des versements inférieure à 150 000 € (tous contrats confondus), toujours assortis des 17,2 % de prélèvements sociaux. Au-delà de ce seuil de versements, le taux d’impôt repasse à 12,8 %.

L’un des principaux avantages réside dans l’abattement annuel après 8 ans : 4 600 € de gains exonérés pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Concrètement, cela signifie qu’en organisant des rachats partiels programmés, vous pouvez retirer chaque année plusieurs milliers d’euros de votre assurance-vie avec une fiscalité quasi nulle, voire nulle si vos gains ne dépassent pas ces plafonds. C’est un levier très intéressant pour compléter votre retraite ou financer progressivement un projet sans « casser » le contrat.

Côté prélèvements sociaux, la règle diffère selon le support. Sur le fonds en euros, les 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités. Sur les unités de compte, ils ne s’appliquent qu’au moment des rachats ou du dénouement du contrat (décès), ce qui laisse là encore vos gains se capitaliser bruts de PS tant que vous ne retirez pas. À la clé, un avantage temporel non négligeable pour les stratégies d’investissement de long terme orientées vers les marchés financiers.

Gestion pilotée et allocation d’actifs : netlife, linxea et yomoni

Construire une allocation cohérente entre fonds en euros et unités de compte demande du temps, des connaissances financières et une certaine discipline émotionnelle. Beaucoup d’épargnants n’ont ni l’envie ni la disponibilité pour suivre régulièrement les marchés, analyser les supports ou arbitrer en fonction des cycles économiques. C’est là qu’intervient la gestion pilotée (ou gestion sous mandat), proposée par de plus en plus d’assureurs et de courtiers en ligne.

Avec la gestion pilotée, vous déléguez tout ou partie des décisions d’investissement à un professionnel, en définissant en amont votre profil de risque (prudent, équilibré, dynamique) et vos objectifs (durée, versements programmés, horizon de sortie). Des acteurs comme Netlife, Linxea ou Yomoni ont bâti leur offre sur cette approche, en s’appuyant massivement sur des ETF à faibles frais pour optimiser le rapport coût/performance. Vous bénéficiez ainsi d’une allocation d’actifs diversifiée, ajustée automatiquement au fil du temps, sans avoir à intervenir au quotidien.

Netlife, par exemple, propose des mandats de gestion avec une large palette d’unités de compte, combinant fonds actions, obligations et immobilier, tout en conservant une part variable en fonds en euros selon le profil choisi. Linxea, très présent sur le marché des assurances-vie en ligne, offre plusieurs contrats (Linxea Spirit, Linxea Avenir, etc.) avec des options de gestion pilotée confiées à des sociétés de gestion reconnues, et des frais globalement inférieurs à ceux des réseaux bancaires traditionnels.

Yomoni, de son côté, s’est spécialisé dans la gestion indicielle pilotée : les portefeuilles sont construits principalement avec des ETF, répartis sur différentes classes d’actifs (actions monde, obligations, immobilier coté, monétaire) en fonction de votre profil de risque (de 1 à 10). L’idée est de vous offrir une exposition mondiale diversifiée à moindre coût, avec un pilotage continu et une transparence accrue sur les allocations choisies. Pour un épargnant débutant ou un investisseur occupé, c’est une solution particulièrement adaptée pour profiter du potentiel des unités de compte sans se noyer dans la technique.

Comparatif des rendements historiques : fonds euros versus portefeuille UC diversifié

Pour trancher entre fonds en euros et unités de compte, rien de tel qu’un regard sur l’historique des performances. Sur les 20 dernières années, les fonds en euros ont vu leur rendement moyen glisser d’environ 5 % au début des années 2000 à moins de 2 % autour de 2020, avant de remonter légèrement au-dessus de 2,5 % en 2023-2024. Sur la même période, un portefeuille d’unités de compte diversifié, composé majoritairement d’actions mondiales, d’un peu d’obligations et d’immobilier, a pu délivrer, selon les allocations, des rendements annualisés de l’ordre de 4 à 7 % avant frais.

Évidemment, ces chiffres restent des moyennes : les années 2008, 2011, 2018 ou 2022 ont connu des corrections significatives sur les marchés actions, parfois de l’ordre de -15 à -25 % sur certains indices. Mais si l’on observe des périodes glissantes de 10 ou 15 ans, les portefeuilles diversifiés en unités de compte ressortent quasi systématiquement au-dessus des fonds en euros en termes de rendement net, malgré des fluctuations plus marquées en cours de route. À long terme, le risque le plus sous-estimé pour l’épargnant n’est pas forcément celui de la volatilité, mais celui de l’insuffisance de rendement face à l’inflation.

En pratique, la démarche la plus pertinente consiste donc rarement à choisir exclusivement entre fonds euros et unités de compte. Il s’agit plutôt de trouver le juste dosage pour votre situation : assez de fonds en euros pour sécuriser et lisser la performance globale, assez d’UC diversifiées pour profiter du potentiel de croissance des marchés mondiaux. En ajustant progressivement cette répartition au fil du temps – plus dynamique lorsque vous êtes jeune, plus sécurisée à l’approche de vos objectifs – vous donnez à votre assurance-vie toutes les chances de jouer pleinement son rôle : un outil souple, fiscalement attractif, au service de votre stratégie patrimoniale de long terme.