# Assurance-vie et préparation de la retraite : quelle stratégie adopter ?

La perspective de la retraite soulève aujourd’hui des interrogations légitimes chez les actifs français. Avec un taux de remplacement qui oscille entre 50% et 75% du dernier revenu selon les profils, la nécessité de constituer un complément de revenus devient une évidence pour maintenir son niveau de vie. L’assurance-vie s’impose comme l’outil patrimonial de référence pour anticiper cette étape, combinant souplesse d’utilisation, fiscalité attractive et options de sortie diversifiées. Face à la complexité des mécanismes de capitalisation et des choix d’allocation, construire une stratégie cohérente nécessite une compréhension fine des dispositifs fiscaux, des supports d’investissement disponibles et de leur évolution dans le temps. Comment orchestrer efficacement votre épargne sur plusieurs décennies pour transformer votre contrat d’assurance-vie en véritable rente complémentaire ?

Fiscalité optimisée de l’assurance-vie pour la constitution d’un capital retraite

L’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique qui en fait un véhicule d’épargne particulièrement performant pour préparer sereinement sa retraite. Contrairement aux placements bancaires classiques, elle offre une progressivité des avantages fiscaux avec la durée de détention, récompensant ainsi l’engagement sur le long terme. Cette caractéristique en fait un instrument idéalement adapté à un horizon retraite, généralement situé entre 15 et 40 ans selon l’âge de souscription.

Abattement annuel de 4 600 € et 9 200 € sur les rachats après 8 ans

Le seuil des huit années de détention constitue le point d’inflexion majeur dans la fiscalité de l’assurance-vie. À partir de cette échéance, chaque rachat partiel ou total bénéficie d’un abattement annuel substantiel : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement s’applique exclusivement sur la part des gains (intérêts et plus-values), le capital versé étant toujours exonéré d’impôt lors des retraits. Cette disposition permet d’organiser des retraits programmés particulièrement avantageux une fois à la retraite.

Concrètement, un couple pourrait retirer chaque année jusqu’à 9 200 € de gains sans acquitter le moindre euro d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% restant dus. Pour un fonds euros affichant un rendement de 2,5%, cela représente un capital de 368 000 € pouvant générer ces gains annuels. L’abattement se renouvelle chaque année civile, permettant d’étaler les rachats dans le temps pour maximiser l’optimisation fiscale. Cette mécanique devient particulièrement intéressante lorsque les revenus de retraite vous placent dans une tranche marginale d’imposition modérée.

Prélèvement forfaitaire unique (PFU) versus option pour le barème progressif

Au-delà de l’abattement, la fraction imposable des gains subit une taxation dont le mode peut être choisi. Par défaut, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou « flat tax » s’applique au taux global de 30% pour les contrats de moins de huit ans, dont 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Après huit ans, le taux d’impô

, sur la part des versements inférieure à 150 000 € tous contrats d’assurance-vie confondus, est ramené à 7,5% (auxquels s’ajoutent toujours 17,2% de prélèvements sociaux). Au-delà de ce seuil de 150 000 €, le taux de 12,8% s’applique de nouveau sur la fraction excédentaire.

Vous avez toutefois la possibilité d’opter, au moment du rachat, pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la place du PFU. Ce choix peut s’avérer judicieux si, une fois à la retraite, votre tranche marginale d’imposition est faible (11% voire 0%), notamment en présence d’autres revenus peu imposés. Dans ce cas, il est pertinent de simuler les deux régimes (PFU vs barème) afin de choisir l’option la plus avantageuse chaque année, en tenant compte de l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € sur les gains après 8 ans.

En pratique, une stratégie efficace consiste souvent à combiner ces leviers : organiser des rachats partiels programmés pour rester sous l’abattement annuel, puis, si un besoin exceptionnel de liquidités apparaît (gros travaux, aide aux enfants, projet immobilier), accepter ponctuellement une imposition au PFU sur la partie des gains excédentaires. Vous gardez ainsi la main sur le calendrier fiscal de vos retraits et pouvez lisser votre charge d’impôt sur l’ensemble de votre retraite.

Exonération des plus-values en cas de rente viagère après 70 ans

L’assurance-vie permet également de transformer votre capital en rente viagère, c’est-à-dire un revenu régulier versé à vie. D’un point de vue fiscal, la rente issue d’un contrat d’assurance-vie est qualifiée de rente viagère à titre onéreux. Contrairement aux rachats en capital, ce ne sont plus les plus-values qui sont imposées, mais une fraction de la rente, déterminée en fonction de votre âge au premier versement.

Cette fraction imposable est la suivante : 70% avant 50 ans, 50% entre 50 et 59 ans, 40% entre 60 et 69 ans, et seulement 30% à partir de 70 ans révolus. Autrement dit, si vous mettez en place une rente viagère après 70 ans, 70% de la rente est exonérée d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (17,2%) ne s’appliquent que sur cette même fraction imposable. Cet avantage peut être particulièrement intéressant pour les épargnants qui souhaitent sécuriser un revenu à vie, sans se soucier de la gestion de leur capital, tout en limitant la fiscalité.

Imaginons que vous ayez 72 ans et que votre rente annuelle soit de 10 000 €. Seuls 30%, soit 3 000 €, seront ajoutés à votre revenu imposable. Si votre tranche marginale d’imposition est de 11%, l’impôt dû au titre de cette rente sera relativement modeste. Cette mécanique peut s’avérer très pertinente pour transformer un capital constitué pendant la vie active en revenu complémentaire faiblement fiscalisé, en particulier lorsque l’objectif n’est plus la transmission d’un gros capital mais la sécurisation de votre niveau de vie jusqu’à la fin de vos jours.

Transmission hors succession : abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Au-delà de la phase de consommation du capital, l’assurance-vie est un outil majeur d’optimisation de la transmission. Les capitaux décès versés aux bénéficiaires désignés ne sont, en principe, pas intégrés à l’actif successoral. Ils bénéficient d’un régime fiscal spécifique, particulièrement avantageux lorsque les versements ont été effectués avant vos 70 ans.

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, s’applique un prélèvement de 20% jusqu’à 700 000 €, puis 31,25% sur la fraction excédentaire. Concrètement, un couple de retraités peut organiser une transmission financière très efficiente en multipliant les bénéficiaires (enfants, petits-enfants, voire autres proches) et en ventilant les capitaux sur plusieurs contrats. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique tous bénéficiaires confondus, mais seuls les versements sont taxés aux droits de succession, les gains restant exonérés.

Cette spécificité fait de l’assurance-vie une enveloppe à double vocation : préparer un complément de revenus pour la retraite, puis, le cas échéant, transmettre un capital dans un cadre fiscal allégé. Selon vos objectifs, vous pourrez choisir de consommer intégralement ce capital via des rachats ou une rente, ou au contraire de conserver une partie substantielle sur le contrat pour vos héritiers. L’enjeu est alors de calibrer au mieux le montant du capital à conserver en fonction de vos besoins et de ceux de vos proches.

Allocation d’actifs stratégique selon l’horizon de départ à la retraite

La fiscalité ne fait pas tout : pour transformer votre assurance-vie en véritable outil de préparation à la retraite, la stratégie d’allocation d’actifs est déterminante. Un même contrat peut accueillir des supports très sécurisés comme le fonds en euros, mais aussi des unités de compte plus dynamiques (fonds actions, obligations, immobilier, ETF, etc.). L’idée n’est pas d’opposer sécurité et performance, mais de les articuler dans le temps en fonction de votre âge et de votre horizon de départ.

On peut schématiquement distinguer quatre grandes phases : la phase d’accumulation dynamique avant 50 ans, une phase de désensibilisation progressive entre 50 et 60 ans, une phase d’équilibre renforcé autour de 55-65 ans, puis une phase de sécurisation du capital à l’approche immédiate de la retraite. Voyons comment ajuster vos supports d’investissement pour que votre assurance-vie reste cohérente avec ces différentes étapes.

Supports en unités de compte (UC) pour la phase d’accumulation avant 50 ans

Lorsque l’horizon de départ à la retraite est lointain (15, 20 ou 30 ans), le principal risque n’est pas la volatilité à court terme, mais de ne pas faire assez travailler votre argent. Historiquement, les marchés actions mondiaux ont offert des performances annuelles moyennes de l’ordre de 6 à 8% sur de longues périodes, nettes de l’inflation. À l’inverse, un fonds en euros peu rémunérateur risque de voir son rendement réel s’éroder face à la hausse des prix.

C’est pourquoi, avant 45-50 ans, il est souvent pertinent d’allouer une part significative de votre assurance-vie en unités de compte : fonds actions internationales, ETF indiciels type MSCI World, fonds thématiques diversifiés, voire SCPI logées en UC pour diversifier en immobilier. Bien sûr, ces supports ne garantissent pas le capital, mais votre horizon de placement long vous permet d’absorber les cycles baissiers et de profiter des phases de reprise.

Concrètement, un profil dynamique en phase de constitution de capital pourra viser, par exemple, 60 à 80% d’unités de compte, le solde étant investi sur le fonds en euros pour amortir les chocs. Vous pouvez ainsi profiter pleinement de l’effet de capitalisation sur plusieurs décennies, tout en conservant une poche sécurisée mobilisable en cas de besoin ou pour des projets intermédiaires. L’important est de rester discipliné : ne pas couper ses investissements actions après une baisse de marché, et continuer à alimenter régulièrement le contrat.

Désensibilisation progressive avec le fonds euros suravenir opportunités ou netissima

À partir de 50 ans environ, la question n’est plus seulement de faire croître votre capital, mais de sécuriser progressivement ce que vous avez déjà accumulé. C’est là qu’intervient la désensibilisation : il s’agit de réduire peu à peu la part d’actifs risqués (actions, SCPI, etc.) pour augmenter la part de supports plus prudents, en particulier les fonds en euros de qualité.

Certains contrats en ligne reconnus, comme Linxea Avenir 2 ou Boursorama Vie, donnent accès à des fonds euros performants tels que Suravenir Opportunités ou Netissima. Ces fonds euros « nouvelle génération » investissent une fraction plus importante en immobilier ou en obligations d’entreprises, offrant souvent un surcroît de rendement par rapport au fonds euros classique, tout en conservant la garantie en capital. Ils constituent des supports idéaux pour accompagner cette phase de désensibilisation.

Concrètement, vous pouvez mettre en place des arbitrages réguliers (tous les ans ou tous les deux ans) pour transférer une partie de vos unités de compte vers ces fonds euros, par exemple 5 à 10 points de pourcentage de votre allocation totale à chaque étape. Cette approche graduelle vous évite l’effet de « coup de volant » qui consisterait à tout sécuriser d’un coup juste avant la retraite, au risque de figer des moins-values latentes en cas de mauvaise conjoncture boursière.

Profils équilibrés et gestion pilotée à horizon pour les 55-65 ans

Entre 55 et 65 ans, beaucoup d’épargnants entrent dans une zone charnière : la retraite approche, mais l’horizon de placement reste long, souvent 20 à 30 ans d’espérance de vie. Il serait donc dommage de basculer à 100% en fonds euros trop tôt, au risque de voir la performance de votre assurance-vie s’essouffler. La bonne approche consiste à viser une allocation équilibrée, combinant encore une part de dynamisme et une base solide de supports sécurisés.

Pour ceux qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes leurs arbitrages, la gestion pilotée à horizon proposée par de nombreux assureurs ou plateformes (y compris sur des contrats comme Placement-direct Vie ou Boursorama Vie) peut être une solution intéressante. Le principe : vous choisissez un profil (prudent, équilibré, dynamique) et une date cible de retraite ; la société de gestion ajuste automatiquement l’allocation au fil du temps, en réduisant l’exposition au risque à mesure que l’échéance se rapproche.

Un profil équilibré typique pour un futur retraité de 60 ans pourrait, par exemple, conserver 30 à 40% d’unités de compte (actions mondiales, immobilier via SCPI ou OPCI, obligations d’entreprises) et 60 à 70% de fonds euros. Cette proportion permet encore de lutter contre l’inflation et de bénéficier de la croissance des marchés, tout en limitant la volatilité globale du contrat pour préparer sereinement la phase de retrait.

Sécurisation du capital sur fonds euros garanti à l’approche de la retraite

Dans les toutes dernières années précédant votre départ (disons entre 3 et 5 ans avant la date envisagée), l’objectif prioritaire devient la préservation du capital. Une chute brutale des marchés à ce moment précis pourrait en effet remettre en cause votre niveau de vie futur si votre contrat reste fortement exposé aux actifs risqués.

La stratégie classique consiste alors à porter progressivement la part de fonds euros à un niveau très élevé, voire proche de 80 à 90% du contrat si vous envisagez de commencer rapidement des rachats réguliers. Les 10 à 20% restants peuvent rester investis sur des supports un peu plus dynamiques (fonds diversifiés prudents, obligations de qualité) pour continuer à générer un peu de rendement additionnel. Cette sécurisation peut être automatisée via des options d’arbitrage à horizon ou de sécurisation des plus-values proposées par certains assureurs.

Gardez toutefois à l’esprit qu’une fois à la retraite, votre horizon de placement n’est pas nul : si vous avez 62 ans au moment du départ, vous pouvez raisonnablement envisager encore 20 ans de gestion de votre patrimoine. Il peut donc rester pertinent de conserver une petite poche de supports dynamiques, à condition de bien calibrer les montants et de dimensionner vos retraits en fonction du rendement attendu et de votre espérance de vie.

Versements programmés et arbitrages automatiques pour lisser la performance

Au-delà du choix des supports, la manière dont vous alimentez et pilotez votre assurance-vie dans le temps a un impact majeur sur le capital disponible à la retraite. Plutôt que de procéder uniquement par gros versements ponctuels et arbitrages manuels, vous pouvez tirer parti de mécanismes automatiques qui permettent de lisser la performance et de réduire l’impact émotionnel des fluctuations de marché.

Les deux outils les plus puissants dans cette optique sont les versements programmés, qui mettent en œuvre le principe du Dollar Cost Averaging, et les options d’arbitrage automatique, comme la sécurisation des plus-values ou le rééquilibrage périodique entre fonds euros et unités de compte. Utilisés conjointement, ils vous aident à construire une stratégie de long terme cohérente, même si vous ne suivez pas les marchés au quotidien.

Dollar cost averaging (DCA) avec versements mensuels récurrents

Le Dollar Cost Averaging (ou investissement progressif) consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers, par exemple tous les mois, quel que soit le niveau des marchés. Concrètement, vous mettez en place des versements programmés (100 €, 200 €, 500 € par mois selon vos capacités) qui sont automatiquement investis sur les supports choisis de votre assurance-vie.

Ce mécanisme présente un double avantage : il vous discipline dans l’effort d’épargne et vous permet d’acheter davantage de parts de vos fonds lorsqu’ils sont temporairement en baisse, et moins lorsqu’ils sont au plus haut. Sur la durée, le prix de revient moyen de vos investissements se trouve ainsi lissé, ce qui réduit l’impact d’un mauvais « timing » d’entrée sur les marchés. C’est un peu comme gravir une montagne à allure régulière plutôt que de tenter un sprint aléatoire : vous progressez plus sereinement.

Dans le cadre de la préparation de la retraite, le DCA est particulièrement adapté à la phase d’accumulation avant 50 ans. Vous pouvez, par exemple, ventiler vos versements mensuels entre un fonds actions mondial (pour la performance à long terme) et le fonds euros (pour la sécurité), puis ajuster progressivement la répartition au fil des années. L’important est de maintenir la cadence, même lorsque l’actualité financière est anxiogène.

Mécanisme de sécurisation des plus-values par effet cliquet

Pour éviter de voir s’envoler les gains accumulés en cas de retournement brutal des marchés, de nombreux contrats proposent des options de sécurisation automatique des plus-values. Le principe est simple : dès qu’un support en unités de compte a atteint un certain niveau de performance (par exemple +10% ou +15% par rapport à votre prix d’achat), une partie ou la totalité de la plus-value est automatiquement arbitrée vers le fonds en euros.

On parle d’« effet cliquet » car les gains sécurisés ne peuvent plus être remis en cause par les fluctuations ultérieures du marché. C’est un peu comme si vous gravissiez un escalier en bloquant chaque marche franchie : en cas de glissade, vous retombez sur la marche précédente, mais pas plus bas. Cette option est particulièrement intéressante dans la phase de désensibilisation progressive, entre 50 et 60 ans, lorsque le capital accumulé devient significatif et que la protection des gains prime sur la recherche de rendement maximal.

Attention toutefois : ces options peuvent entraîner des frais supplémentaires et ne dispensent pas d’une réflexion globale sur l’allocation d’actifs. Il ne s’agit pas de sécuriser systématiquement au moindre gain, au risque de limiter le potentiel de croissance, mais de définir des seuils raisonnables et cohérents avec votre horizon de départ à la retraite. Un conseiller peut vous aider à paramétrer ces mécanismes en fonction de votre profil de risque.

Rééquilibrage dynamique entre fonds euros et supports actions

Dernier pilier de cette gestion « semi-automatique » : le rééquilibrage dynamique de votre contrat. Avec le temps, les performances divergentes entre fonds euros et unités de compte font naturellement dériver votre allocation cible. Si les marchés actions progressent fortement, votre part en UC peut par exemple passer de 50% à 65% du contrat, vous exposant à un risque supérieur à celui que vous aviez initialement accepté.

Le rééquilibrage consiste à ramener périodiquement (par exemple une fois par an) la répartition de vos actifs à un panier cible prédéfini, en arbitrant des supports surpondérés vers ceux qui sont sous-pondérés. Certains assureurs proposent d’ailleurs une option de rééquilibrage automatique à date fixe. Cette approche permet de conserver, dans la durée, un niveau de risque constant et en adéquation avec votre horizon de départ à la retraite.

On peut voir le rééquilibrage comme un « pilotage automatique » de votre contrat : vous définissez la destination (par exemple 60% fonds euros / 40% UC à 60 ans) et le système corrige régulièrement la trajectoire pour éviter les écarts excessifs. Combiné aux versements programmés et aux options de sécurisation des plus-values, il vous aide à tirer parti des phases de hausse tout en limitant l’impact des corrections de marché.

Sortie en capital versus rente viagère : simulation comparative

Arrivé à l’âge de la retraite, une question centrale se pose : comment transformer concrètement le capital accumulé sur votre assurance-vie en revenu ? Deux grandes options s’offrent à vous : la sortie en capital via des rachats (ponctuels, programmés ou partiels) ou la conversion en rente viagère. Chaque solution présente des avantages et des contraintes, tant sur le plan financier que fiscal et patrimonial.

Imaginons un capital de 300 000 € disponible à 65 ans sur un contrat ouvert depuis plus de 8 ans. En sortie en capital, vous pourriez programmer des retraits annuels de 15 000 € (soit 1 250 € par mois) sur 20 ans, en laissant le solde continuer à produire des intérêts. Grâce à l’abattement de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple), une partie importante de ces retraits serait peu ou pas imposée. Vous conservez la maîtrise du capital, que vous pouvez adapter en fonction de vos besoins ou transmettre à vos héritiers en cas de décès.

En optant pour une rente viagère, votre capital de 300 000 € est « aliéné » à l’assureur, qui vous verse en contrepartie une rente à vie. Selon les conditions de marché et les tables de mortalité en vigueur, la rente annuelle brute pourrait se situer autour de 13 000 à 16 000 € (soit 1 100 à 1 300 € par mois), avec une fraction imposable fonction de votre âge (40% entre 60 et 69 ans, 30% après 70 ans). L’avantage majeur est la sécurité d’un revenu garanti à vie, même si vous vivez au-delà de l’espérance de vie moyenne.

La sortie en capital offre donc plus de flexibilité, de potentiel de transmission et, bien gérée, une fiscalité très douce grâce aux abattements annuels. La rente, elle, rassure ceux qui craignent d’épuiser leur capital trop tôt, au prix d’un renoncement définitif à la propriété de ce dernier. Une approche souvent pertinente consiste à opter pour une sortie mixte : convertir une partie du capital (par exemple 30 à 50%) en rente viagère pour sécuriser un socle de revenus, et conserver le reste en capital sur l’assurance-vie pour la souplesse et la transmission.

Combinaison assurance-vie et plan d’épargne retraite (PER) pour maximiser l’avantage fiscal

Faut-il choisir entre assurance-vie et PER pour préparer sa retraite ? Dans la plupart des cas, la bonne réponse n’est pas l’un ou l’autre, mais bien l’utilisation complémentaire des deux enveloppes. Chacune a ses forces : l’assurance-vie brille par sa souplesse, sa disponibilité et ses atouts successoraux ; le PER, lui, se distingue par l’avantage fiscal immédiat à l’entrée, particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.

Si votre tranche marginale d’imposition est de 30%, 41% ou 45%, les versements sur un PER individuel peuvent être déduits de votre revenu imposable dans la limite de plafonds annuels. Un versement de 5 000 € sur un PER peut ainsi générer une économie d’impôt de 1 500 € à 2 250 € selon votre TMI. Ces sommes économisées peuvent ensuite être réallouées vers votre assurance-vie, créant un effet de levier fiscal significatif sur votre effort d’épargne.

Dans une stratégie retraite optimisée, l’assurance-vie joue souvent le rôle de « colonne vertébrale » : elle accueille une épargne disponible, gère la phase de désensibilisation, permet des retraits souples et sert de support à la transmission. Le PER vient en complément pour maximiser la défiscalisation pendant la vie active, avec une sortie en capital ou en rente à la retraite souvent fiscalement intéressante si votre taux d’imposition a baissé. En pratique, beaucoup d’épargnants alimentent d’abord leur assurance-vie, puis, une fois un socle de liquidités sécurisé, arbitrent une partie de leur capacité d’épargne vers le PER.

Cette combinaison suppose toutefois une bonne coordination : il faut veiller à ne pas sur-immobiliser votre épargne dans le PER, qui reste bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), et à calibrer vos versements en fonction de vos objectifs patrimoniaux globaux. Là encore, une approche sur mesure, tenant compte de votre fiscalité actuelle, de vos besoins futurs et de vos projets de transmission, est indispensable pour tirer le meilleur parti de ces deux outils.

Assureurs et contrats performants : linxea avenir 2, placement-direct vie et boursorama vie

La stratégie est une chose, le choix du contrat d’assurance-vie en est une autre. Tous n’offrent pas les mêmes fonds euros, la même richesse en unités de compte ni surtout le même niveau de frais. Or, sur des horizons de 20 ou 30 ans, quelques dixièmes de point de frais en moins peuvent représenter des dizaines de milliers d’euros de capital en plus à la retraite.

Parmi les contrats « nouvelle génération » les plus souvent cités pour une préparation de la retraite, on retrouve notamment Linxea Avenir 2, Placement-direct Vie et Boursorama Vie. Ces contrats se distinguent par l’absence de frais sur versement, des frais de gestion annuels compétitifs (souvent inférieurs à 0,60% sur les unités de compte), l’accès à des fonds euros de qualité (comme Suravenir Rendement, Suravenir Opportunités ou Euro Exclusif / Netissima) et une large gamme d’ETF, de fonds actions et de supports immobiliers.

Linxea Avenir 2, par exemple, est particulièrement apprécié des investisseurs souhaitant une exposition importante aux ETF et aux SCPI au sein de leur assurance-vie. Placement-direct Vie offre, lui aussi, une architecture ouverte très riche avec des frais serrés, ce qui en fait un support intéressant pour une stratégie de gestion pilotée à horizon ou de gestion libre avancée. Boursorama Vie, enfin, séduit par son intégration avec une banque en ligne complète, une interface ergonomique et des options de versements programmés et d’arbitrages automatiques faciles à configurer.

Quel que soit le contrat choisi, l’essentiel est de vérifier quelques critères clés : niveau des frais (sur versement, de gestion, d’arbitrage), qualité et diversité des supports proposés, solidité des assureurs partenaires, souplesse des options de gestion (pilotée, profilée, libre) et ergonomie de l’espace en ligne. En combinant un bon contrat avec une stratégie d’allocation adaptée à votre horizon de retraite et en tirant parti des mécanismes fiscaux propres à l’assurance-vie, vous mettez toutes les chances de votre côté pour aborder la retraite avec un capital solide et une vraie liberté de choix.